Apprendre à communiquer sur Internet sans Google

Que soit pour un usage personnel ou professionnel, Google est omniprésent. Qui, parmi vous, n’utilise-t-il pas régulièrement ou occasionnellement l’un de ses services ?

Depuis son lancement en 1998, Google a su éviter toutes les embûches : la société s’est imposée – entre autres – dans la recherche en ligne, dans la messagerie électronique, le stockage de fichiers et les applications professionnelles. Elle a su saisir très tôt tous les enjeux de l’Internet mobile, puis a fini (les mauvaises langues diront « enfin ») par trouver la bonne dynamique sur le terrain des médias sociaux. Google s’invite partout, dans la poche de vos consommateurs, dans le secret de leurs conversations personnelles. Indispensable pour de nombreux internautes et mobinautes, il est aussi incontournable pour toute entreprise désireuse de communiquer sur Internet.

« 92,7% des internautes en France ont utilisé Google début 2014 pour leurs recherches en ligne [1] »

communiquer internet sans-google

Par ses multiples services, Google est présent au quotidien auprès des internautes

Une situation de dépendance à Google dangereuse

Si Google se présente comme un allié naturel pour votre entreprise, le monopole qu’il impose dans la recherche en ligne n’est pas sans conséquences. En 2011, Twenga a brutalement perdu une grande partie de son référencement naturel suite à la mise à jour Google Panda. Résultat ? 40% de trafic (et de revenus) en moins et le licenciement de 40 collaborateurs pour éviter la faillite [2]. Votre entreprise aussi pourrait bien être victime du prochain changement d’algorithme de Google, quelle que soit sa taille : un artisan ou un commerçant, évincé de la première page, pourra-t-il maintenir sa visibilité sur Internet, s’il compense la perte de ses positions en se recentrant uniquement sur la publicité Adwords ?

Nous allons avoir, ensemble, comment limiter l’impact de Google sur votre communication web, en nous intéressant autant aux stratégies visant à limiter l’impact du référencement naturel Google qu’aux alternatives à Google Adwords.

Limitez l’impact de votre  référencement naturel Google

L’influence des moteurs de recherche ne cesse de reculer en France. Ainsi, s’ils représentent en juillet 2012 plus d’une visite sur deux pour un site internet [3], ils apportent en 2013 moins de deux visiteurs sur cinq [4]… Si vous ne pouvez pas encore vous en passer, vous pourriez éviter de leur accorder un rôle démesuré. Voici quelques idées concrètes, facilement applicables, pour y arriver :

  • Choisissez avec attention votre agence de référencement : rien n’est plus dangereux qu’une agence de référencement qui ne maîtrise pas complètement son sujet. Des actions SEO mal conduites peuvent rapidement entraîner une perte durable de vos positions. Sélectionnez donc avec la plus grande attention votre agence de référencement, en l’interrogeant sur les moyens qu’elle déploiera et en vérifiant ses références :celles dont elle vous parle, et celles que vous pourrez retrouver en farfouillant un peu et qu’elles ne semblent pas si promptes à mettre en avant…
  • Créez votre blog professionnel : un blog acquerra son propre référencement. Il vous permettra aussi de proposer un positionnement alternatif ou complémentaire à votre site principal, avec d’autres types de contenus, une autre tonalité. Vous serez ainsi mieux armé en cas de pénalité de votre site principal.
  • Misez sur les médias sociaux : vous disposerez ainsi d’un second point de contact pour toucher votre cible et renforcer les liens qui existent avec vos clients. Vous devrez certainement prévoir des budgets publicitaires pour accompagner votre montée en puissance sur le web 2.0, mais ceux-ci ne seront pas forcément plus élevés que vos investissements dans le référencement naturel. Votre professionnalisme et votre créativité, par contre, seront particulièrement sollicitées et pourrait vous faire rapidement gagner une communauté nombreuse et impliquée.
  • Obtenez des liens générateurs de trafic : ne raisonnez plus simplement en termes de backlinks, de Page Rank et de référencement, mais cherchez plutôt à obtenir des liens bien visibles sur des sites de référence pour les communautés que vous ciblez. La mise en place d’une stratégie de relations blogueurs, par exemple, vous apportera des visiteurs qualifiés via la rédaction d’articles et reportages, tout en contribuant à votre référencement naturel.

Il y a une vie à côté de Google Adwords

Google Adwords est aujourd’hui la régie publicitaire leader. Pour autant, Google Adwords n’est pas la seule régie publicitaire performante sur Internet, loin de là !

  • Bing Ads, la régie publicitaire de Microsoft, annonce une audience mensuelle de 14 millions de visiteurs uniques en France, répartis entre les réseaux de Bing et de Yahoo [5]. Les fonctionnalités comme l’interface ne dépayseront pas les habitués de Google Adwords, et une pression concurrentielle moindre offre, sur de nombreux mots-clés, une enchère au clic plus abordable pour une meilleure rentabilité.
  • Facebook, avec ses 28 millions d’utilisateurs actifs annoncés [6], répond aux attentes d’un très grand nombre de marques visant le grand public ou des communautés plus restreintes. Sa régie publicitaire propose des critères de ciblage puissants : basés sur l’âge, le sexe, la localisation géographique ou encore les centres d’intérêts, ils n’ont rien à envier à ceux de Google Adwords ou de Bing Ads. Des formats originaux, comme les demandes d’offres, renouvellent les solutions publicitaires traditionnelles et favorisent l’interaction entre la marque et ses clients.
  • Si le real time bidding (enchère en temps réel) a été popularisé par Google Adwords, de nombreuses autres régies publicitaires l’utilisent maintenant. Vous pourriez par exemple étudier de près les solutions publicitaires d’Orange Advertising sur http://www.orangeadvertising.fr/ad-market/, qui peuvent s’intégrer pleinement dans votre plan de communication digitale.

Une stratégie efficace repose sur une communication diversifiée

Nous avons initié ensemble quelques pistes de réflexion sur les alternatives possibles au monopole de Google. Mais d’autres acteurs du web, qui contribuent à votre visibilité, présentent aussi des ambitions hégémoniques. Si une stratégie de visibilité digitale ne peut reposer exclusivement sur Google, dépendre essentiellement d’une seule source de trafic et de visibilité est tout aussi dangereux. Imaginons que vous vous soyez focalisé uniquement sur Facebook : que se passera-t-il si celui-ci change radicalement son interface ou ses conditions d’utilisation, entrainant une baisse brutale de la portée de vos publications ?

Plus que jamais, la pérennité de votre marque sur Internet passera par votre capacité à diversifier et multiplier les points de contact, en optant autant pour des solutions de visibilité à court, moyen et long terme.

Question : Et vous, utilisez-vous déjà des alternatives, à titre personnel ou professionnel, aux services de Google ?

A Propos de Benjamin Thiers

benjamin thiersOnze ans d’expérience dans le digital, autant en agence que chez l’annonceur, ont permis à Benjamin Thiers d’acquérir une solide expérience dans la communication numérique. Passionné par ces nouveaux espaces de dialogue entre les marques et les consommateurs, Benjamin Thiers leur consacre un livre, Digitalisez votre Marque, paru en 2014 aux éditions Studyrama. Il accompagne aujourd’hui l’agence web Jalis dans son développement.

Vous pouvez retrouver Benjamin Thiers sur Twitter : @benjamin_thiers. Contact : contact@benjaminthiers.net

Rédacteur invité

A propos de Rédacteur invité

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11 commentaires

  • Marine dit :

    Bonjour Isabelle, Bonjour Benjamin,

    Oui j’utlise le SEO avec parcimonie pour ne pas me faire pénaliser par l’algorythme de Google.
    Adwords non car pas suffisamment de trafic qualifié et très coûteux au final.
    Quant aux réseaux sociaux, il y a 5 ans Facebook était un réseau social intéressant pour les sociétés: les publicités peu chères pour un retour sur investissement étant à l’époque très intéressant. Ce qui ,avec le nouvel algorythme de FB, n’est plus le cas actuellement avec ses bridages en tout genre.

    J’utilise depuis peu Pinterest et Instagram car j’avoue ne pas avoir eu le temps de me pencher sur Twitter et doute qu’en tant que e-commerce, si je suis vos conseils, je vais avoir du mal à respecter la règle des 80%/20%.

    Pour moi Pinterest ne peut que monter sous réserve que les francophones s’ym mettent autant que les anglophones. D’après mon Analytics, Pinterest draine plus de trafic qu’Instagram bien que ce soit encore et toujours FB qui draine le plus de visites (sessions) mais visites non transformées. FB est donc surtout pour ce que j’en pense un réseau social d’observateurs, de consommacteurs (ils peuvent tuer ou liker en quelques post l’e-reputation d’une société ou marque: j’en ai fait les tristes frais dans le passé), mais pas de réels consommateurs.

    Enfin concernant les blogs: avoir un blog de société est chronophage et j’en ai eu un qui m’a souvent laissée sans inspiration pendant longtemps. Sa seule utilité, les jeux hors FB pour ne pas être pénalisée pas FB si pas de réglement d’huisser (jeux éphémères instants gagnants) mais le résultat est: ces jeux attirent des concourristes et non des clients potentiels.
    Pour les blogs externes, de peur de se faire pénaliser par Google, leurs liens sont en no-follow, donc nuls pour le référencement. Et là encore, c’es jouer avec le feu car si concours sur un blog externe, arrivent les concourristes et le pire est que les blogueuses entre elles se font gagner mutuellement (cercle très fermé).Aussi vu du’ne société quel est l’intérêt de donner sans retour; on est loin du concept WIN/WIN…

    J’ai donc basé mon plan média sur des visibilités payantes avec article au contenu qualifié et liens en durs (portails en relation directe avec mon activité). Mauvais ou bon choix, je ne sais pas, je n’ai pas encore assez de recul.

    Voici mon avis un peu acerbe j’imagine sur le 2.0 et pour mon nouveau site je me suis lancé comme défi de me dispenser d’un blog interne, de blogs partenaires et de surtout miser sur Pinterest et FB avec parcimonie. Instagram ne me semble pas un bon choix pour mon activité.

    Bonne journée à vous 2 et désolée du gros pavé :)
    Marine

  • Jude dit :

    Bonjour et merci pour cet article.
    Par contre j’aimerai bien savoir sur quel échantillon se base Médiamétrie. D’autre part, je ne pense pas que le schéma 1 et 2 reprennent les mêmes entreprises ; autrement dit, on compare deux groupes différents avec des caractéristiques différentes.

    Par rapport à la réflexion de Marine, j’ajouterai que Pinterest -pour ma part- me rapporte plus d’interaction que Twitter ou Facebook ; plus de re-pin et de trafic. Ce média est plus engageant tout en nécessitant moins d’investissement (encore eune fois ce doit être une question de secteur d’activité).

    • Marine dit :

      Jude dans quel secteur êtes-vous si je peux me permettre? Et je suis d’accord c’est un média plus engageant comparé ne serait qu’à Facebook..

  • Jerome dit :

    Merci
    Ces informations me seront utiles dans ma veille et me font rattraper mon retard car j’étais pas mal pris ces derniers temps.
    Reste à déterminer quels sont les performances éprouvées de ces alternatives.

  • Bonjour,

    Voici le communiqué de presse officiel de Mediametrie : http://www.mediametrie-estat.com/wp-content/uploads/2013/08/2013-08-22-CdP-eStat_Juillet-2013.pdf

    Ils ne communiquent pas sur leur méthode d’échantillonnage et c’est regrettable, nous savons juste qu’ils s’appuient sur les client souscripteurs à l’offre eStat’Web. Même base que pour les chiffres de 2012 (http://www.mediametrie-estat.com/wp-content/uploads/2012/10/2012-08-07_Cdp-CybereStat_Juillet.pdf)

    Cet article a pour vocation première d’interpeller le lecteur et de l’amener à se poser certaines questions. Je ne prétends pas qu’il faille forcément minorer au maximum la place occupée par Google, se priver du référencement naturel, bien au contraire, mais je n’ai pas non plus la solution idéale qui s’applique à tous. J’ouvre simplement des pistes de réflexion pour intégrer d’autres axes à sa communication.

    Marine, par exemple, vous semblez avoir trouvé un équilibre en faisant appel à d’autres médias digitaux pour assurer votre visibilité, mais certaines propositions, comme celles du blog, ne correspondent pas à votre situation.

    Pinterest est engageant, mais possède une typologie d’utilisateurs qui n’en fait pas non plus forcément l’outil parfait pour tout type d’entreprise. Et il faut posséder le bon contenu pour se l’approprier : sans images ou vidéos de qualité, cela risque d’être plus compliqué.

  • Stéphane dit :

    Merci pour ces alternatives très intéressantes. Je voudrais souligner un point. Dans le billet, on parle du déclassement de Twenga et de situation de dépendance à Google dangereuse. Cependant, il ne faut pas oublier que si l’on se retrouve victime d’un changement d’algorithme de Google, c’est qu’il y a eu certainement des intentions pas très honnêtes vis-à-vis du célèbre moteur de recherche. Si on cherche à le tromper, il le saura tôt ou tard. Alors une dépendance à Google n’est pas forcément dangereuse si l’on suit bien ses directives. Google se comporte comme un ami, si on reste honnête avec lui, il ne nous fera pas de mal. Il suffit de rester clair et naturel.

  • Le bilan concernant Google me semble un peu alarmiste.

    #Google est en situation de quasi-monopole et… c’est une entreprise et non une association à but non lucratif.
    #Google a la data pour se permettre des études de marchés et lancer des services en fonction.

    Mais…

    1- Une stratégie efficace repose sur une approche multi-leviers. Le jour où votre prestataire de flyers et que vous ne faites que des flyers… c’est un problème ! Pourquoi mettre tous les œufs dans le même panier ?

    2- Souvent les « problèmes » découlent d’un manque de connaissances et de compétences sur la partie digital.

    3- Twenga on était déjà sur des activités SEO (référencement naturel) plus que limite. Et ce n’est pas la seule plateforme dans ce cas. Des boites ont coulé à cause des différentes mises à jour pour les mêmes raisons.

    4- Le référencement est mal compris, mal pensé par les entités (entreprises, associations,…) et par conséquent… mal appréhendé, mal acheté. Tout le monde en vend et pour n’importe quoi. STOP au bourrage de mots clefs ! (keyword stuffing).

    @marine : Balise de la home http://www.generation-kawaii.com blindé de mots clefs !

    Conclusion : Google est un levier, un support de communication qui doit être appréhendé en tant que tel mais avec une philosophie bien particulière au même titre que les réseaux sociaux d’ailleurs.

    • Marine dit :

      Bonjour Clément
      À votre avis quels mots clés dois – je ôter de ma home svp?
      Merci d’avance de votre avis

      • Bonjour Marine,

        déjà votre balise Title est un peu longue (110 caractères, idéalement plutôt 70 caractères). Vous répétez trois fois le mot Kawaii, et essayez de mettre tous vos produits et thématiques en même temps. « Boutique d’accessoires et vêtements kawaii en ligne » par exemple, et vous travaillerez chaque rubrique dans le même esprit. « Vente en ligne de chaussures Kawaii enfant », par exemple…

        http://alyze.info peut vous aider à détecter les mots surreprésentés dans une page.

  • Certes, une entreprise qui gère efficacement son SEO prend moins de risques que d’autres. Mais sont-elles si nombreuses que ça ? Et une agence bordeline ne peut-elle pas trop facilement abuser un client naïf ?

    Mon expérience personnelle m’a permis d’appréhender concrètement ce risque. J’ai cité l’exemple de Twenga, qui demeure l’un des plus parlants, mais j’ai vu plusieurs PME et TPE faire faillite suite au déploiement de Panda et Pingouin. Je connais par exemple un site e-commerce de vente d’alarme, qui avait investi massivement en référencement naturel auprès d’une agence, et qui pendant deux ans s’est retrouvé en première place pour des mots comme « alarme », « alarme maison », « alarme bureau »… Quand ce site e-commerce a perdu ses positions, il n’a pas pu maintenir ses marges avec des achats de publicité sur Adwords, et n’avait pas une structure adaptée à cette réduction des marges (l’entreprise avait déménagé quelques mois plus tôt dans des locaux bien plus grands… et bien plus chers). Moins d’un an plus tard, dépôt de bilan/

    Cet article se veut volontairement (légèrement) alarmiste pour attirer l’attention.Je ne porte pas ici un jugement de valeur sur Google, qui cherche en tant qu’entreprise à générer des profits, c’est sa vocation, j’invite juste chacun à se questionner sur les risques d’un modèle de communication trop déséquilibré, et j’ouvre des pistes de réflexion.

  • Vous avez entièrement raison, miser exclusivement sur Google est tout simplement suicidaire aujourd’hui. Le plus important pour chaque acteur du web est de trouver sa martingale, elle est liée forcément au secteur d’activité mais aussi à l’ambition de chacun. On peut passer toujours plus de temps à développer certains leviers mais au final c’est le ROI qui dira si c’est une bonne idée de continuer ou s’il vaut mieux arrêter.